Dans ce nouveau Regards d’acteurs, EliteLink pousse la porte d’El Maza, restaurant libanais à Perpignan, pour rencontrer Leïla et Jaoudat. Derrière leur table se raconte une histoire de racines, de famille, de transmission, d’amour et de nouveau départ.

Bien plus qu’un restaurant : chez El Maza, Leïla cuisine les recettes transmises par sa famille tandis que Jaoudat accueille, raconte les plats et fait de la salle un lieu de rencontre.

Ensemble, ils ont voulu créer à Perpignan une adresse à leur image : simple, généreuse, familiale et profondément libanaise.

REGARDS D’ACTEURS

Leïla & Jaoudat — El Maza, un petit morceau du Liban à Perpignan

À Perpignan, derrière la porte d’El Maza, il y a d’abord deux visages. Celui de Leïla, que l’on retrouve naturellement en cuisine, et celui de Jaoudat, qui accueille, raconte les plats et prend le temps de parler avec ceux qui entrent.

Leur histoire commence pourtant bien loin d’ici, au Liban. Elle traverse des enfances marquées par la guerre, les départs, la famille, plusieurs vies professionnelles et finalement une rencontre qui conduira Leïla à rejoindre Jaoudat en France.

De cette histoire est né El Maza : un lieu où les recettes familiales de Leïla rencontrent le sens de l’accueil de Jaoudat et où, derrière le houmous, le taboulé, les mezzés ou les grillades, se transmet quelque chose de plus intime : une mémoire, une culture et une certaine idée de l’hospitalité libanaise.

Un petit morceau du Liban C’est ainsi que Leïla et Jaoudat finissent par définir ce qu’ils ont voulu créer avec El Maza.

1. Deux enfances au Liban, avec la guerre en toile de fond

Pour comprendre El Maza, il faut d’abord revenir au Liban. Leïla a grandi à Mansourieh, au Mont-Liban, non loin de Beyrouth. Jaoudat vient, lui, du sud du pays, près de la frontière israélienne.

Deux territoires différents, mais une même histoire collective qui a profondément marqué leurs générations : celle d’un pays où la guerre et l’instabilité ont longtemps accompagné la vie quotidienne.

Jaoudat le dit avec des mots très simples : leur génération a grandi avec cette réalité. Derrière les souvenirs d’enfance, les repas familiaux et les paysages du Liban apparaissent aussi la peur, l’incertitude et le désir d’une vie plus paisible.

« Il n’y a rien de plus important que la paix et la tranquillité. »

Cette recherche de paix prendra, des années plus tard, une place particulière dans l’histoire de Leïla. Elle explique aussi ce qu’elle dit aujourd’hui ressentir en France : la possibilité de vivre plus sereinement, même si une partie essentielle de sa famille demeure au Liban.

Vue de Beyrouth depuis Mansourieh au Mont-Liban
Mansourieh, aux portes de Beyrouth.
C’est ici, sur les hauteurs du Mont-Liban, que Leïla a grandi. Au loin, Beyrouth et la Méditerranée.
Photo : Naxh / Wikimedia Commons – CC BY-SA 4.0.

2. Une rencontre, un regard et une nouvelle vie

Des décennies après leurs enfances respectives, leurs chemins finissent par se croiser au Liban.

Une amie de longue date de Leïla sert de trait d’union. Et lorsqu’on leur demande ce qui s’est passé entre eux, le récit devient presque désarmant de simplicité.

Un regard, quelques paroles. Et une histoire qui allait changer le cours de leurs deux vies.

Leïla fait alors un choix considérable : quitter le Liban pour rejoindre Jaoudat en France.

« Moi, j’ai quitté le Liban pour l’amour. »

Derrière cette phrase lumineuse existe aussi une réalité beaucoup plus intime. Ses enfants et ses petits-enfants vivent au Liban. La distance demeure donc présente. Lorsqu’elle parle de son pays, la nostalgie qu’elle exprime est avant tout celle de sa famille.


3. Jaoudat, une vie de départs, de restaurants et de rencontres

Le parcours de Jaoudat pourrait presque constituer, à lui seul, un autre Regard d’acteur.

Il raconte avoir quitté le Liban dans les années 1970, au moment où le pays bascule dans la guerre civile. Après une formation dans l’hôtellerie, son parcours le conduit en France et notamment à Paris.

Il évoque ensuite des études de mathématiques, puis un retour vers un univers qui l’accompagnera pendant une grande partie de sa vie : la restauration.

De Paris aux Pyrénées-Orientales, des restaurants à la restauration ambulante, Jaoudat raconte ainsi plusieurs décennies passées à cuisiner, servir, accueillir et surtout rencontrer.

Une vie faite de rencontres

Dans le récit de Jaoudat, les établissements changent, les villes aussi. Mais une chose demeure : le plaisir de recevoir et de créer du lien autour d’une table.


4. Leïla — « J’ai fait mes études dans la vie »

Lorsque Leïla parle de cuisine, elle ne cite ni école, ni diplôme, ni grand chef.

Son apprentissage est ailleurs : dans la famille, auprès de sa mère, dans les gestes répétés et dans les recettes transmises.

Elle raconte avoir cuisiné pendant une trentaine d’années au Liban. Une expérience acquise jour après jour, au contact d’une cuisine familiale dans laquelle la transmission se fait moins par les livres que par l’observation et la pratique.

« J’ai fait mes études dans la vie. » Quelques mots qui racontent à eux seuls la manière dont Leïla a appris à cuisiner.
Les mains de Leïla dressant un plat dans la cuisine d’El Maza à Perpignan
Leïla, la transmission par les gestes.
À El Maza, la cuisine puise directement dans les recettes et les souvenirs familiaux.

5. Du camion à El Maza : trouver enfin une maison

Lorsque Leïla rejoint Jaoudat, celui-ci travaille notamment avec un camion de restauration qui porte déjà le nom d’El Maza.

Mais cette vie de déplacements et de marchés ne correspond pas à ce que recherche Leïla. Après avoir changé de pays, elle aspire aussi à davantage de stabilité.

L’idée d’un lieu fixe s’impose progressivement. Un restaurant où l’on pourrait cuisiner, recevoir et retrouver les mêmes visages.

Leïla La cuisine, les recettes familiales, les préparations et les saveurs du Liban.
Jaoudat L’accueil, la salle, les explications, les échanges et la relation avec les clients.

De cette complémentarité naît l’El Maza que les Perpignanais découvrent aujourd’hui.


6. Une cuisine libanaise qui ne se déguise pas

À El Maza, Leïla et Jaoudat revendiquent une idée très simple : faire découvrir la cuisine qu’ils connaissent et qu’ils aiment, sans chercher à lui donner une identité différente pour l’adapter artificiellement.

« Ce n’est pas franco-libanais. C’est libanais. »

Houmous, taboulé, mezzés, falafels, grillades… chaque assiette devient ainsi une manière de raconter le pays autrement.

Assortiment de mezzés libanais préparés à El Maza à Perpignan
Les mezzés
Plusieurs saveurs réunies autour d’une même table.
Taboulé libanais préparé par Leïla à El Maza à Perpignan
Le taboulé libanais
Une préparation où les herbes fraîches occupent le premier rôle.
À LA TABLE DE LEÏLA

Le taboulé, autrement

Pour ceux qui connaissent surtout certaines versions occidentales du taboulé, l’assiette de Leïla peut réserver une surprise : ici, le persil, la menthe et les légumes frais occupent une place centrale, tandis que le boulgour reste discret.

Une recette simple en apparence, mais qui raconte aussi une manière différente d’imaginer ce plat emblématique de la cuisine levantine.


7. Leïla en cuisine, Jaoudat en salle : deux rôles, une même maison

À les observer travailler, la répartition paraît presque naturelle.

Leïla reste principalement en cuisine. Elle prépare, surveille, assemble et reproduit ces gestes qu’elle connaît depuis des années.

Jaoudat, lui, est davantage dans la salle. Il explique un plat, conseille, raconte, plaisante et prend le temps de discuter.

« Nous sommes complémentaires tous les deux. »
Leïla et Jaoudat échangeant entre la cuisine et la salle du restaurant El Maza à Perpignan
Leïla et Jaoudat, une même maison
Deux rôles complémentaires, un échange permanent.
Jaoudat présentant une bouteille à Olivier Pastor dans la salle du restaurant El Maza à Perpignan
Jaoudat, le plaisir du partage
En salle, accueillir, conseiller et prendre le temps d’échanger.

8. Quand les clients deviennent des amis

C’est peut-être ici que le mot « restaurant » devient insuffisant pour décrire El Maza.

Jaoudat raconte ces clients qui reviennent, parfois depuis longtemps, et ceux qui finissent par pousser la porte simplement pour dire bonjour ou boire un café.

Certains connaissent suffisamment les lieux pour s’y sentir presque comme chez eux.

Votre maison. Famille. Partage. Faites comme chez vous. Trois idées qui résument l’esprit d’El Maza.
Table dressée dans la salle du restaurant El Maza à Perpignan
Recevoir avant même de servir.
À El Maza, l’hospitalité commence autour d’une table et se prolonge souvent par la rencontre.

9. Des racines libanaises et un nouveau chez-soi

Le Liban reste là. Dans les souvenirs, dans les recettes, dans la langue, dans les liens familiaux et naturellement dans les assiettes.

Mais leur histoire ne se résume pas à la nostalgie. Elle raconte également la possibilité de reconstruire ailleurs un quotidien et de se sentir progressivement chez soi dans un nouveau pays.

Pour Leïla, la France représente notamment cette paix et cette tranquillité auxquelles elle accorde aujourd’hui tant d’importance.

Et à Perpignan, leur restaurant est devenu le point de rencontre entre ces deux dimensions : rester profondément attachés au Liban tout en construisant ici une nouvelle maison.


10. Demain : rester à taille humaine

Lorsqu’on leur parle de l’avenir, Leïla et Jaoudat ne décrivent pas une chaîne de restaurants, plusieurs adresses ou une croissance à tout prix.

Leur ambition est finalement beaucoup plus simple : pouvoir continuer à travailler ensemble, conserver cette proximité et voir revenir des clients satisfaits.

Grandir autrement

Pour El Maza, réussir ne signifie pas nécessairement devenir plus grand. Cela peut simplement vouloir dire préserver la qualité, la relation et l’identité d’un lieu construit à deux.

Une porte ouverte sur le Liban

Au terme de cette rencontre, il reste évidemment les parfums d’une cuisine, les assiettes que l’on partage et les recettes transmises par une famille.

Mais il reste surtout deux parcours.

Celui de Leïla, qui a quitté son pays par amour et continue de faire vivre dans sa cuisine les gestes appris auprès des siens. Celui de Jaoudat, dont la vie semble avoir été jalonnée de départs, de restaurants et de rencontres.

À Perpignan, leurs histoires ont fini par trouver une adresse commune.

Un petit morceau du Liban. Peut-être est-ce finalement la meilleure définition d’El Maza.
Leïla et Jaoudat devant l’entrée de leur restaurant El Maza à Perpignan
Leïla & Jaoudat — El Maza, Perpignan.
Une cuisine, une histoire et une maison à partager.

El Maza — informations pratiques

El Maza
Restaurant libanais
2 rue des Cluses
66100 Perpignan

Téléphone : 06 75 25 25 62

Sur place • À emporter • Livraison

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